Facebook vieillit, Twitter rajeunit : Vraiment ?
Readwriteweb vient de publier un article sur la percée de Twitter parmi les jeunes.
“En mai 2008, l’âge médian sur Facebook était de 26 ans, aujourd’hui, il est de 33, soit 8 ans de plus en un peu plus d’une année. (…) Twitter est désormais second sur le podium des réseaux sociaux mondiaux les plus jeunes, avec un âge médian de 31 ans, juste derrière MySpace qui affiche 26 ans, et devant Facebook qui affiche 33 ans et Linkedin et ses 39 ans.”
Twitter, en vogue parmi les jeunes ? Vraiment ?
Peut-être pas en France. J’ai réalisé un sondage la semaine dernière parmi mes élèves de collège et de lycée (4ème, 2de, 1ère, terminale). Sur les 62 élèves qui ont répondu au sondage en ligne, voici les résultats :
2 élèves possèdent un compte Twitter, 60 n’en possèdent pas.
Par ailleurs, voici les résultats de la question centrale du sondage :
- J’ai un compte Twitter, et je tweete (au moins de temps en temps) :
1 élève sur 62 - J’ai un compte Twitter, et je lis des tweets sans tweeter (ou en tweetant très peu) :
1 élève sur 62 - J’ai un compte Twitter, mais je ne l’utilise pas ou pratiquement pas :
0 élève sur 62 - Je sais à peu près ce que c’est, mais je n’ai pas de compte Twitter :
40 élèves sur 62 - Je ne sais pas ce que c’est :
20 élèves sur 62
Les deux élèves qui possèdent un compte Twitter ont 4 et 10 followers, et ils suivent 10 et 34 personnes.
Twitter a donc bien peu de succès parmi mes élèves, alors que j’ai pu remarquer une utilisation quasi systématique de Facebook.
Alors pourquoi un tel retard en France, dans l’utilisation de Twitter par les jeunes ?
Il est à noter qu’en France, il est impossible (sans payer des frais importants) de tweeter depuis son téléphone portable via SMS. Or le réel apport de Twitter pour les jeunes, serait de constituer (comme c’est le cas aux États-Unis), une plateforme de textos publics, et ainsi de prolonger des usages bien rodés sur leurs téléphones portables. Il est à parier que lorsque Twitter ouvrira un numéro de téléphone en France pour tweeter depuis son mobile, les chiffres s’envoleront. Qu’en pensez-vous ? Cela explique-t-il la faible utilisation de Twitter que j’ai constatée ?
Commentaires
Je partage les constats, et j’atténuerais même la proportion de jeunes qui savent ce que c’est. À mon avis, plusieurs éléments de cette catégorie ont peur de dire qu’ils ne savent pas.
Je ne crois pas à un effet du téléphone portable, car ceux de mes élèves qui tentent d’utiliser Twitter le font depuis un ordi, alors que les possesseurs de smartphones n’y pensent même pas.
Je pense que le principal effet est l’effet réseau, et que cet effet est très géographiquement marqué, à l’instar de l’utilisation de la messagerie instantanée.
Exemples sur cette carte, un peu datée : http://www.wikikou.fr/zoom-1157-2808.html
On y voit qu’en Allemagne, ICQ est le grand champion, alors qu’il a aujourd’hui quasiment disparu en France.
On est donc sur Facebook parce que les copains sont sur Facebook, ainsi que l’on est sur MSN parce que les copains sont sur MSN.
Et utiliser Twitter paraît aux yeux des ados comme un abandon de Facebook (un peu comme si on lui faisait des infidélités).
De même qu’à une époque où je tentais de convertir proches et élèves à Jabber, beaucoup me répondaient qu’ils ne pouvaient ni ne voulaient pas quitter MSN.
Ca me semble assez évident. Sur Twitter, on est limité au texte de 140 caractères. Facebook offre un panel de fonctionnalités: photos, mur, jeux, humeur du moment, profil détaillé, articles, groupe… Ce que je constate sur Twitter, ce sont souvent des personnes qui échangent sur des sujets qui les passionnent ou en rapport avec leur profession. Quand on est jeune, on a peut-être une passion mais on est au début de sa découverte et très peu de connaissance pour partager ses trouvailles.


Merci de partager le résultat de ce sondage.
Ne faudrait-il pas s’attarder sur le rôle de Facebook, Twitter et des autres réseaux sociaux ?
En effet, Facebook devient un agrégateur de réseaux sociaux où sur une seule plateforme l’on peut rassembler plusieurs types d’utilisation.
Il est évident que l’utilisation, ou plutôt la non utilisation, de Twitter par SMS est un frein, mais ne faut-il pas se demander quels sont les usages que nous faisons nous (actuels utilisateurs de Twitter) de cet outil ? Correspondent-ils à utilisation de Twitter par les jeunes ?
Pour compléter ton étude, je reviens justement d’un séminaire de jeunes étudiants en première année d’école de commerce. Le but de notre atelier : la sensibilisation aux outils collaboratifs (Google Apps, …) et un rapide panoramas des réseaux sociaux.
Il apparaissait que beaucoup ne connaissaient pas la majorité des utilisations “professionnels” d’internet et de ces outils.
Ils étaient bluffés, intéressés, mais en se voyaient pas encore utilisateurs.
Pour les étudiants de Master I, c’est l’inverse! Ils regrettent de connaître toutes ces possibilités si tardivement et deviennent utilisateurs friands de ces outils.
J’espère que cela permet d’aborder davantage cette problématique très intéressante que tu abordes ici.
Nicolas